Partager l'article ! 34. Ibn al-Nafis (1210 - 1288): Biographie Alaa Uddine Ali Ibn Abi al-Hazm al-Qurashi, surnommé Ibn al-Nafis, est né dans les environ ...
Biographie
Alaa Uddine Ali Ibn Abi al-Hazm al-Qurashi, surnommé Ibn al-Nafis, est né dans les environs de Damas, où il a grandi et fait ses études. Il apprit la médecine auprès de Dakhour, médecin-chef de l'hôpital al-Nouri, ainsi qu'auprès de grands maîtres tels que Amraan l'israélite et Radi Ed-Dine al-Réhabi. Il a enseigné, à son tour, la médecine, et supervisé un pavillon de l'hôpital al-Nouri. Il se rendit ensuite au Caire où il travailla à l'hôpital al-Nassiri, montant en grade jusqu'à devenir le médecin-chef de toute l'Egypte.1 Ses contemporains lui donnaient la même stature qu'Ibn Sina au plan de l'autorité scientifique et de la connaissance médicale. L'on raconte même qu'il connaissait par coeur le Canon d'Ibn Sina et était imprégné des livres de Galien.2 «Pour rédiger ses ouvrages, il se bornait à écrire ce qu'il retenait, s'appuyant sur ses expériences, ses observations et ses découvertes»3 sans revenir à une quelconque référence.
Ibn al-Nafis avait également de vastes connaissances dans d'autres disciplines, telles que la philosophie, la logique, la grammaire, et la jurisprudence. Il n'était pas homme à admettre les choses, même venant d'illustres savants, sans argumentation ou débat. C'est ainsi qu'il a critiqué les exposés de Galien en médecine, qu'il a qualifiés de faibles et de compliqués.4
Contributions scientifiques
Ibn al-Nafis était un médecin hors pair en son temps, et l'un des plus célèbres médecins de Damas. Il était le précurseur dans la découverte de la circulation sanguine pulmonaire, qu'il décrivit de manière scientifique et correcte, précédant de la sorte Miguel Servede auquel les Européens attribuent cette découverte.5
Adoptant la dissection comme méthode de travail, Ibn al-Nafis a abouti à un certain nombre de résultats, notamment :6
1. Découverte de la circulation sanguine dans les artères coronaires;
2. La circulation sanguine vers les poumons pour les fournir en air et non en aliments ;
3. Inexistence d'air ou de sédiments dans les artères pulmonaires (comme le prétendait Galien), et présence du sang seulement.
OEuvres
Ibn al-Nafis a laissé un certain nombre d'ouvrages, entre autres7
-«Sharh Tashrih al-Qanun» dans lequel il explique le chapitre relatif à la dissection de l'ouvrage «Le Canon» d'Ibn Sina, et dans lequel il critique quelques-unes des assertions de ce dernier. L'ouvrage demeura enfoui aux tréfonds des bibliothèques jusqu'à sa découverte, en 1924, par le médecin égyptien, le Dr Mohyeddine al-Tarawy, dans la bibliothèque de Berlin. Il entreprit son étude aux fins d'obtention du Doctorat de l'Université de Fribourg en Allemagne.
-«Al-Kitab al-Shamel fil Tibb» : il s'agit d'une encyclopédie médicale en huit parties, dont il ne subsiste que des fragments à l'Université d'Oxford.
-«Al-Madh-hab fil Kohl», ouvrage portant sur l’ophtalmie.
-«Al-Mukhtar fil al-Aghdhiya», ouvrage sur l'alimentation.
-«Sharh Fouçoul Abikrate» (Explications des Articulations et Fractures d'Hippocrate), dont une copie est conservée à la Bibliothèque nationale de Paris ainsi qu'à l'Escorial. L'ouvrage a été imprimé en Iran en 1298 H/1881.
-«Moujaz al-Qanun» est un résumé du Canon d'Ibn Sina, écrit en cinq parties, dont quelques exemplaires sont disponibles respectivement à Paris, Oxford, Florence, Munich et à l'Escorial. L'ouvrage a été traduit en turque et en hébreu. Il a été imprimé en anglais pour la première fois en 1838 à Calcutta, en Inde, sous le titre «al-Mughni fi Sharh al-Mujaz».
Par Halima EL GHRARI
Traduit de l’arabe par Haydar EL YAFI
Notes:/
(1) Héritage de l'Humanité, t. 1, p. 68.
(2) Ibid., p. 69.
(3) Al-Zerkali : Les Erudits, t. 4, p. 270.
(4) Hunke : op. cit., p. 264.
(5) Encyclopédie arabe simplifiée : p. 29.
(6) Hunke : op. cit., p. 265.
(7) Héritage de l'Humanité, pp. 70-71.
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