Partager l'article ! Doctrine malikite - L’authenticité de l ’Ijtihâd: Le Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) avait enseigné à ...
Le Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) avait enseigné à Mu'âdh ibn Jabal (surnommé le mieux connaissant du Halâl et du Harâm) avant de l’envoyer au Yémen comme messager des bonnes valeurs de l’Islam:
"Selon quoi jugeras-tu lorsque le besoin s'en présentera?
Selon le Livre de Dieu, avait répondu Mu'âdh.
Et si tu ne trouves pas (de solution explicite) dans le Livre de Dieu?
Je jugerai alors selon les Hadîths du Messager de Dieu, avait répondu Mu'âdh.
Et si tu ne trouves pas (de solution explicite) dans les Hadîths du Messager de Dieu?
Je ne manquerai alors pas de faire un effort de réflexion (ijtihâd) pour formuler mon opinion, avait répondu Mu'âdh."
Sur quoi le Prophète avait manifesté son approbation en ces termes:
"Louange
à Dieu qui a guidé le messager du Messager de Dieu vers ce qu'agrée le Messager de Dieu."
Rapporté
par at-Tirmidhî et Abû Dâoûd, voir aussi A'lâm ul-muwaqqi'în, tome 1 pp. 49-50.
Le Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) a dit:
«
lorsque le juge a fait un effort
(juridique) (ijtahada)
puis a atteint la vérité, il a deux récompenses, et s’il a fait un effort
(juridique)
et s’est trompé, il a une seule récompense
».
Rapporté
par Al-Bukhârî : Hadîth n° : 6805 : chapitre : « Al- i‘tisâm bi al-kitâb wa as-sunna »
Ne peut faire l’Ijtihâd que celui qui a
atteint le degré de savant « Mujtahid»
Usûl Al-Fiqh
Ce terme désigne la base du droit musulman, c'est-à-dire l’ensemble des textes et des outils qui ont permis aux savants d’émettre l’avis juridique (Fatwa) à propos des
divers sujets en question.
Les deux premières sources des Usûl Al-Fiqh - pour les quatre écoles sunnites reconnues par la Communauté musulmane- sont le
Coran et la Sunna.
Il
n’est pas donné à n’importe qui d’interpréter le Coran et la Sunna. Celui qui interprète ces textes sacrés sans avoir la science nécessaire qui permet d’en déduire les jugements, celui là suit sa
passion, s’égare et égare avec lui ceux qui le suivent.
On
a précisé dans la rubrique «
Conditions de la Fatwa et de l'interprétation
»
quelques règles liées à la compréhension et à l’interprétation des textes sacrés.
Pour les questions et sujets nouveaux qui n'ont pas été traités par les textes traditionnels, les quatre écoles ont eu recours à ce qu'on appelle les outils de
l’Ijtihâd-
l'effort juridique-.
On peut citer parmi ces outils:
L’Imâm Mâlik et son école
L’école malikite de Médine est la
plus ancienne école d'exégèse coranique.
Elle
a été fondée par
l’Imâm Mâlik Ibn Anas[93
H/716 ap. J.-C. - 179 H./795 ap. J.-C]
qui pris sa science entre autre de : Ibn Chihâb Az-zuhrî, Abû Az-zannâd, Ibn Hourmuz, Rabî'a Ibn 'abd Ar-rahmân, Nâfi' l'affranchi du grand compagnon Abdellah Ibn 'Umar (que Dieu
l'agrée) et de Yahyâ Ibn Sa'îd Al-Ansâri (mort en 143 H) fils d'un partisan du Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui).
L'Imâm Mâlik fut un disciple direct des Successeurs des Compagnons du Prophète Muhammad, sur lui la Grâce Divine et la Paix. Il étudia aussi auprès de Ja'far as-Sâdiq et connut
Abû Hanifah.
Le fait que l’Imâm Mâlik fut implicitement cité par le Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) et qualifié de «
Savant de Médine
» dans le hadîth voir
le lien suivant,
suffit (à lui seul) pour certifier que sa notoriété et sa fiabilité sont irréfutables et que sa qualité est hautement reconnue sans aucune divergence.
Selon An-Nawawî, Mâlik eut 900 maîtres dont 300 Successeurs, les autres étant des Successeurs des Successeurs.
Al-qâdî 'Iyâd de Ceuta(l'auteur du Shifâ) dit dans son Tartîb al-madârik:
"les
savants en récits traditionnels ont dit :"Le
guide des consciences après 'Umar Ibn Al-khattâb fut Zayd Ibn Thâbit, et après
lui, 'Abd Allah Ibn 'Umar. Vingt-et-un transmetteurs ont reçu leur science de Zayd, qu'ils ont ensuite transmise à trois hommes: Ibn Chihâb, Bukayr Ibn
'Abd Allah et Abû Az-zannâd, pour enfin parvenir à Mâlik Ibn
Anas"".
Sa vie et sa science étaient à Médine, la ville du Prophète, qui était naturellement la mieux placée en tant que dépositaire des « traditions connues » (hadîth Mashhûr). Mâlik commença à enseigner dès l'âge de 17ans. Il choisit la Mosquée du Prophète pour tenir son
cercle de science. Plus précisément, il choisit, dans la mosquée de Médine, l'endroit où se tenait le Calife 'Omar Ibn Al-Khattâb. C'est là que s'asseyait le Messager de Dieu (paix et bénédiction
de Dieu sur lui).
Pour un autre exposé détaillé sur la vie de l'Imâm Mâlik (que Dieu l'agrée): cliquez
ici.
La
qubba (le dôme) sur la tombe de l’Imâm Mâlik fut détruite par les Wahabbis en 1800.
Les sources juridiques de l'école de Mâlik sont bien sûr avant tout le Coran , puis la sunna, puis le consensus des savants
(ijmâ‘ ), puis les coutumes médinoises (‘amalu ahli al-Madîna) (car les médinois "descendants des compagnons du Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui)"
connaissaient mieux que quiconque la Sunna), l'effort d'interprétation personnelle (Ijtihâd), l'opinion personnelle (ra'y) qui découle de la réflexion
(fikr) (en l'absence du texte sacré), la préférence personnelle en vue du bien (istihsân), ainsi que le raisonnement par analogie (qiyâs), et la
prévention de l’inconvénient (Sadd al-ddarâi‘).
Elle s’appuie également sur l’intérêt général « Al-masâlih Al-mursala » qui fait que cette école répond parfaitement aux événements liés à l’évolution des temps et aux besoins de la communauté en matière de droit. Cette diversité de méthodes et de règles juridiques est sans doute le secret de la richesse et de la force de cette école.
Et bien qu'elle soit assez scrupuleuse sur le plan de la pratique religieuse (notamment des cinq piliers fondamentaux de l'Islam), cette école est aussi, avec l'école hanafite, la plus ouverte et
la plus souple dans son adaptation aux différentes réalités locales et temporelles et à l'évolution du monde. Elle est donc mieux en mesure d'appréhender les adaptations nécessaires d'une façon
souple et efficace. Surtout que cette école, à la suite de son fondateur, homme humble et scrupuleux, a une maturation fondamentale, et une intention (niyya) tournée avant tout
vers la préservation de l'unité de la Umma, préférant cultiver ce qui réunit que de rechercher des solutions juridiques qui pourraient diviser.
De part la richesse de ses outils et des possibilités qu’elle révèle, de nouveaux avis juridiques peuvent être émis par ceux qui ont les compétences juridiques pour répondre au mieux, loin du
fanatisme ou de l’extrémisme religieux, aux besoins des musulmans, sans renier les fondements généraux de l’Islam et ses valeurs d’amour, d’unité, d’entente et de paix.
L’imam Mâlik était réputé pour sa narration du Hadîth, il est considéré comme l’un des meilleurs en la matière et des plus fiables (Al-Bukhârî lui-même confirmera plus tard la
haute fiabilité de ses chaînes).
Les ouvrages de référence de l’école malikite sont, entre autres, le Muwatta’ (la voie rendue aisée) (premier recueil de Hadîth et de Fiqh en Islam) de l’Imâm Mâlik
et la Mudawanna Al-kubrâ, un recueil des avis juridiques de Mâlik qu’a compilé son élève Sahnûn Ibn Saïd At-tanûkhî.
Abû Zahra dans son livre sur l'Imâm Mâlik sa vie, et son époque, ses opinions et son Fiqh déclare concernant le Muwattaa :
« L’histoire ne connaît pas de recueil de Hadîth et de Fiqh plus ancien qu'Al-Muwatta'...Aucun auteur avant Mâlik ne devait connaître la notoriété de ce dernier avec son Muwatta', qui nous est parvenu tel qu'il a été rédigé par son auteur. C'est pour cela que nous disons de lui qu'il est le premier recueil de Hadîth et de Fiqh à avoir été composé.
L'Imâm Ash-Shâfi'i disait de l'Imâm Mâlik et de son Muwattaa :
« L'ouvrage le plus authentique après le Livre de Dieu est le Mouwattaa de Mâlik ». (L’imâm Ash-shâfi’ a dit cela puisqu’il a vécu avant l’apparition des deux ouvrages authentiques (sahihine) Al-Bukhârî et Muslim).
Al-Bukhârî
a surnommé la chaîne de transmission citée dans le Muwatttaa : la chaîne d’or (pour souligner sa grande authenticité) : il s’agit de Mâlik d’après Nâfi’ d’après Ibn omar…on cite
aussi comme chaîne hautement authentique du Muwattaaa : Az-zuharî d’après Sâlim d’après Ibn Omar…
L’imâm Mâlik a rassemblé (écrit) son livre Al-Muwattaa en quarante ans, ceci à cause de l’attention particulière qu’il portait à la qualité des transmetteurs et du contenu, et à
la rigueur et scrupule dans l’authentification des Hadîths…
Ibn ‘Abdel Al-barr rapporte selon Al-Awzâ’î :
On a exposé à l’imâm Mâlik son Muwattaa en quarante jours et il dit: « ce livre que j’ai composé en quarante ans, vous le prenez en quarante jours, vous manquez de compréhension de ce livre! »
Le Muwattaa contenait au début de son écriture plus de 10 000 Hadîths, puis l’Imâm Mâlik par sa rigueur et son scrupule le réduisait chaque année jusqu’à arriver à prés de 600 hadîths…
Abû Bakr Al-Abharî a dit : « la somme de ce qu’il y a dans le Muwattaa de récits prophétiques, de compagnons et de successeurs est de :1720 hadîths : le Musnad parmi ces Hadîths est de 600
Hadîths, le Mursal compte 222 hadîths, et le Mawqûf (paroles attribuées aux compagnons du Prophète) : 613 Hadîths et les paroles des successeurs : 285 récits. » (Voir tanwîr Al-hawâlik de l’Imâm
As-sayûtî: tome I page 6.)
Al-qâdî ‘Iyâd de Ceuta rapporte dans son livre Al-Madârik (2/73) pour les circonstances de l’écriture du Muwattaa :
« Le Calife Abû Jaafar Al-Mansour Al-‘abbâsî - premier Calife de la dynastie des Abbasites-, a dit à l’Imâm Mâlik : « O Abû ‘Abdellah ! Rassembles cette science et écris un ouvrage: évites dans cet ouvrage les particularités (les extêmes) (shawâddh) d’Ibn Masoud, les choses difficiles (shadâid) d’Ibn Omar et les dérogations d’Ibn Abbâs ; et cherche plutôt le juste milieu en toute chose et ce qui fait unanimité chez les compagnons et Imâms, et fais de cette science une science unifiée »
Beaucoup de savants anciens et contemporains se sont penchés sur l’interprétation du Muwattaa et son commentaire. Le Muwattaa fut traduit en plusieurs langues.
Voir ici sur ce lien, les paroles de sagesse de l’Imâm Mâlik et plus de détails sur son Muwattaa.
La Mudawanna (Al-kubrâ) (appelé
aussi la mère), est la première référence de notre école Malikite en matière de droit : c'est un recueil énorme regroupant tous les avis juridiques de l'Imam Mâlik ( et ses
maîtres ) (souvent argumentés par les Hadîths) qu'a compilé son élève Sahnûn Ibn Saïd At-tanûkhî.
Sahnûn a rapporté le contenu de sa Mudawwana d'Ibn Al-qâsim qui a rapporté de Mâlik
La Mudawwana comporte 30200 sujets traités.
Abû Saïd Sahnoun Ibn Saïd Ibn Habib Ibn Rabia AL TANOUKHI Imam SOUHNOUN- né à Kairouan en 777 (160 H). En 804 il se rendit pour trois ans en orient parfaire ses connaissances. De retour à
Kairouan il s'implique à répandre la doctrine de l'imam Mâlik dans tout l'occident musulman. Son oeuvre maîtresse 'la moudawwana' y contribua largement Nommé Cadi (Juge) de Kairouan en 849 (234
H) il occL. . L VVVupa cette charge jusqu'à sa mort en 855 (240 H).
La deuxième référence de notre école malikite en matière de droit est Al-wâdiha fî as-sunan wa
al-Fiqh de 'Abdel Malik Ibn Habîb (elle a été notamment mise en valeur par les malikites d'Andalousie)
La troisième référence de notre école est Al-mustakhraja de Muhammad Ibn Ahmad Al-'atabî al-andalusî:
connue sous le nom de Al-'Utbiyya: Ibn Rushd s'est référé à cet ouvrage.
La quatrième référence de notre école est Al-muwâziya de Muhammad Ibn Ibrâhîm Al-Iskandarî connu sous
le nom de Ibn Al-Muwâz : il s’ agit de l’ouvrage le plus authentique et le plus complet selon beaucoup de savants.
http://www.doctrine-malikite.fr/Doctrine-malikite_a136.html
article suivant : Doctrine malikite - Détails de quelques outils de l’Ijtihâd spécifiques à l’école malikite (2)
Notes de bas de page:
[1]
Voir Ad-dâramî (1/29) et « jam‘a al-jawâmi‘ » de l’Imam As-suyûtî (4641) :
c’est parmi les trois choses que Dieu a promis à Son Messager Sidna Muhammad (paix et bénédiction d’Allah sur lui) : que sa communauté n’aura pas de consensus sur le
faux.
Ce Hadîth a été rapporté également par At-tabarani avec une chaîne authentique remontant à Abdellah Ibn Omar, ainsi que Al-haythamî dans "Majma' az-zawâid".
Le consensus considéré ici est celui des savants Mujtahid du Fiqh.
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