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"MANIFESTATION DE LA VÉRITÉ" OU RÉFUTATION DES FONDEMENTS DES GENS DU LIVRE
DE RAHMATOULLAH AL-HINDI
EXTRAITS DU LIVRE
LIVRE PREMIER: DES LIVRES DE L’ANCIEN ET DU NOUVEAU TESTAMENT
CHAPITRE 1: NOMS ET NOMBRE DES LIVRES DE L'ÉCRITURE
Sache, que les Chrétiens divisent leurs livres en deux parties: la première comprend ce qui serait parvenu jusqu'à eux par l'entremise des prophètes qui ont paru avant le Christ, que la paix soit sur lui, et la seconde les livres qui auraient été écrits par inspiration divine après le Christ.
L'ensemble des livres de la première partie s'appelle "ANCIEN TESTAMENT", et l'ensemble des livres de la seconde "NOUVEAU TESTAMENT". Les deux parties réunies s'appellent BIBLE, mot grec qui signifie Livres. Chacune d'elles se subdivise en deux parties, dont l'une est reconnue comme authentique par l'unanimité des Chrétiens, et l'autre est contestée.
La première partie de l'Ancien Testament renferme trente-huit livres, qui sont:
Ces trente-huit livres étaient reçus par tous les Chrétiens primitifs, mais les Samaritains n'en reconnaissent que sept, les cinq livres de Moïse, Josué, et les Juges. Les copies Samaritaines de la Bible diffèrent de celles des Juifs.
La seconde partie de l'Ancien Testament renferme neuf livres :
La première partie du Nouveau Testament contient vingt livres :
La seconde partie du Nouveau Testament comprend :
En 325 de l'ère chrétienne, l'empereur Constantin convoqua à Nicée une assemblée de théologiens pour examiner la question des livres douteux. Après de longues délibérations et un examen attentif des textes, le Concile admit le livre de JUDITH au nombre des livres canoniques, et laissa la question indécise pour les autres, ce qui résulte de l'introduction dont St.Jérôme a fait précéder ce livre. En 364, le Concile de Laodicée confirma la décision de celui de Nicée à l'égard du livre de Judith et reconnut la canonicité des livres suivants:
Au Concile de Carthage, tenu en 397, et auquel assistait le célèbre Augustin et cent vint six théologiens des plus renommées, les décisions des Conciles précédents furent confirmées, et l'on reconnut en outre l'authenticité des livres suivants :
Le Concile décida cependant que le livre de Baruch serait considéré comme partie du livre de Jérémie, parce que Baruch était comme le vicaire et le successeur de ce prophète. Aussi le livre de Baruch ne fut pas porté séparément dans la liste des livres canoniques. Il y eut après cela trois autres conciles, celui de Trullo, celui de Florence et celui de Trente, on y confirma les décisions du Concile de Carthage, mais les deux Conciles de Florence et de Trente détachèrent Baruch du livre de Jérémie.
La canonicité des livres admis par ces conciles fut reconnue par tous les Chrétiens jusqu’en 1200, époque à laquelle parut la secte des Protestants, qui éleva des doutes à l'égard des livres de BARUCH, de TOBIE, de JUDITH, de la SAGESSE, de l’ECCLESIASTIQUE et des MACCHABÉES, elle refusa également de reconnaître dans son entier le livre d'ESTHER, dont elle n'accepta que les neuf premiers chapitres et trois versets du dixième à l'exclusion des six autres. Elle se fonde en cela sur plusieurs raisons:
Remarquons ici la gravité des attaques portées à l'autorité des premiers Chrétiens, qui ont admis l'authenticité de livres, dont on n'a plus les originaux, qui sont repoussés par les Hébreux eux-mêmes, et dont les textes, celui surtout du 2ème livre des Macchabées, ont été altérés. Quel fonds peut-on faire désormais sur leur accord (l'accord des Protestants) contre un adversaire? Les Catholiques, fidèles, aux traditions de leurs ancêtres, conservent encore ces livres dans leur canon.
CHAPITRE 2 : L’AUTHENTICITE DES LIVRES SAINTS N’EST PAS FONDEE SUR UNE SUITE NON INTERROMPUE DE TRADITIONS AUTHENTIQUES
Sache qu'un livre ne peut être considéré comme inspiré que s'il est prouvé, par des témoignages authentiques et irrécusables, s'il a été écrit par le prophète auquel il est attribué, et s'il est arrivé jusqu'à nous sans aucune altération. Une simple supposition, une affirmation sans preuves ne suffisent pas à établir que tel livre appartient, en réalité, au prophète dont il porte le nom. Il ne suffit pas non plus qu'une tradition se trouve dans une ou plusieurs sectes pour être reçue comme authentique. Les Visions, la Petite Genèse. Le livre du Voyage Céleste (ou Ascension), le livre des Mystères, le Testament, le livre des Confessions, ont été attribués à Moïse, le 4ème livre d'Esdras est attribué au prophète de ce nom, il y a une Ascension et un livre des Visions qui courent sous le nom d'Isaïe. Un autre livre qu'on attribue à Jérémie en dehors de ses prophéties, des Maximes que l'on dit être d'Habacuc, des Psaumes qui portent le nom de Salomon. Et quant au Nouveau Testament, ne connaît-on pas, outre les livres qu'il contient, plus de soixante dix autres livres attribués à Jésus, à Marie, aux Apôtres et à leurs disciples, et regardés comme apocryphes par les Chrétiens de toutes les communions? Le 3ème livre d'Esdras, mis au nombre des livres canoniques par l'Eglise Grecque, est apocryphe pour les Catholiques et les Protestants. Mais nous parlerons de cela plus en détail dans le 2° livre, s'il plaît à Dieu.
Nous avons déjà vu, au chapitre 1er, que Baruch, Tobie, Judith, le livre de la Sagesse, l'Ecclésiastique, les Macchabée et une partie du livre d'Esther sont reçus par les Catholiques et repoussés par les Protestants. Dans cet état des choses, nous ne pouvons plus admettre l'authenticité d'un livre sur la foi d'une simple assertion, il nous faut des preuves. Mais c'est en vain que nous les avons demandées aux théologiens les plus savants. Dans les discussions publiques que j'ai soutenues, il m'a été répondu que le manque de traditions authentiques vient des persécutions auxquelles, l'Eglise Chrétienne a été exposée pendant trois cent treize ans. J'ai lu leurs livres et je n'y ai rien trouvé que des hypothèses et des inductions. Mais les hypothèses ne sauraient tenir lieu de preuves, et il suffirait de leur opposer une simple dénégation, les preuves, c'est à eux de les fournir, et non pas à nous. Je veux bien, toutefois, discuter ce point, et je me bornerai, pour ne pas fatiguer le lecteur par des répétitions, à quelques parties de la Bible.
Je dirai, donc, qu'il n'est point prouvé que le Pentateuque soit de Moïse, et voici pourquoi :
Or, si le Pentateuque que nous avons était bien celui de Moïse, les trois prophètes n'auraient pas été en opposition avec le texte actuel, ils n'auraient pas commis d'erreur, et Esdras n'aurait point suivi des généalogies fautives. De plus : si le Pentateuque que nous avons est celui qu'Esdras lui même avait recopié par inspiration divine, comment pourrait-il se trouver en contradiction avec ses autres livres? Il résulte de tout cela que le Pentateuque actuel n'est ni celui de Moïse, ni celui d'Esdras, mais un recueil de traditions et de récits fait, sans beaucoup de critique, par des docteurs Israélites.
Ainsi, suivant le prophète, chacun est responsable de ses actes, principe équitable et confirmé par le Coran. "Et nul ne portera le fardeau d'autrui."(Coran : 17/15)".
5.1) L'auteur du " Khoulasat séiful-mouslimin" cite le passage suivant de la "Penny Cyclopédia" (vol. X.) : "Le Dr. Alexandre Geddes, qui était fortement imbu du rationalisme allemand dit, dans l'introduction à sa nouvelle traduction de la Bible : 'Par l'évidence intrinsèque trois choses me paraissent indubitables :
5.2) Le savant Norton, un des écrivains chrétiens les plus distingués, a dit : "Il n'y a aucune différence entre le style du Pentateuque et celui des autres livres de l'Ancien Testament écrits après la captivité de Babylone, bien qu'il ait entre eux un intervalle de neuf cents ans.
L'expérience a prouvé cependant que les langues se modifient dans le cours des temps, et tel, qui voudrait comparer l'Anglais de nos jours à celui qu'on parlait il y a quatre cents ans, trouverait de notables différences. Cette uniformité de langage a fait croire à Leusden, juge compétent en matière de langue hébraïque, que les livres de l'Ancien Testament ont tous été écrits à la même époque". Il est avéré que les langues se modifient successivement, et c'est ce qui doit faire prendre en sérieuse considération la remarque de Norton et de Leusden.
5.3) Il est dit dans le Deutéronome (XXVII.) : "5. Tu bâtiras aussi là un autel à l'Eternel ton Dieu, un autel de pierres, sur lesquelles tu ne lèveras point de fer. ... 8. Et tu écriras sur ces pierres toutes les paroles de cette loi, les gravant bien avant". Et dans le livre de Josué (Vlll. 32) on lit : "Et il écrivit là, sur des pierres une copie de la loi de Moïse, que Moïse avait mise par écrit devant les fils d'Israèl". Il résulte des termes même de l'écrivain que le texte entier de la Tora pouvait être renfermé dans quelques pierres, ce qui serait impossible si la Tora dont il s'agit était le Pentateuque que nous avons maintenant. Cela confirme ce que j'ai dit plus haut.
5.4) Le même Norton remarque que l'écriture n'était point connue du temps de Moïse, ce qui veut dire que Moïse n'a pas pu mettre par écrit les livres qu'on lui attribue.
5.5) On trouve dans le Pentateuque des erreurs palpables que Moïse ne pouvait pas commettre. On lit dans la Genèse (XLVI. 15) : "voilà les enfants de Lia qu'elle avait enfantés à Jacob à Paddan-Aram, avec Dina sa fille, ses fils et filles étaient ensemble trente-trois personnes".
Ce n'est pas trente-trois qu'il fallait dire, mais trente-quatre. Cette erreur a été reconnue par le savant Horsley. "En comptant les noms", dit-il, "y compris celui de Dina, on aura trente-quatre. Il faut comprendre Dina dans le compte, de même qu'on l'a fait pour les enfants de Zilpha, car Sarah, fille d'Acher, est une des seize".
On lit dans le Deutéronome (XXIII. 2) : "Le Bâtard n'entrera point dans l'assemblée de l'Eternel, même sa dixième génération n'entrera point dans l'assemblée de l'Eternel". Il y a ici une erreur évidente, en effet d'après cette loi, ni David, ni aucun de ses ancêtres depuis Faredh, fils de Juda, n'aurait dû entrer dans l'assemblée de l'Eternel. Faredh, fils de Juda, est un fils illégitime, selon la Genèse (XXXVIII); David descend de lui, et précisément au dixième degré, comme on le voit dans les généalogies du Christ données par Matthieu et Luc. Et pourtant David est chef de cette assemblée du Seigneur, dont il aurait dû être exclu, et qui plus est, fils aîné de Dieu, d'après les Psaumes.
Il y a une autre erreur dans l'Exode (XII. 40) dont nous parlerons au 2ème livre. De même on lit dans les Nombres (1. 45) : "Ainsi tous ceux des enfants d'Israèl dont on fit le dénombrement, selon les maisons de leurs pères, depuis l'âge de vingt ans et au-dessus ... qui pouvaient aller à la guerre ... furent six cent trois mille cinq cent cinquante. Mais les Lévites ne furent pas comptés avec eux selon la tribu de leurs pères". Il résulte clairement de ces passages que le nombre des combatants dépassait 600.000 hommes, sans compter les femmes, les enfants, et les Lévites, cela donnerait, pour le reste de la nation, deux millions cinq cent mille âmes, chiffre qui ne peut être vrai, pour plusieurs raisons :
Je me résume :
Les enfants d'Israèl n'ont séjourné en Egypte que 215 ans, ils y étaient maltraités, Moïse pouvait donner ses ordres verbaux aux camp tout entier, ils tenaient avec leurs troupeaux dans les environs du Mont Sina'i, et les environs d'llim, le pays des Philistins était trop grand pour qu'ils pussent l'occuper en une seule fois. Tout cela démontre que le Pentateuque n'est pas de Moïse, et, tant qu'on ne fournira pas des preuves moins discutables, nous aurons le droit de nier l'authenticité de ces livres.
Passons au livre de Josué.............
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